Six jours après le double séisme qui a frappé le nord du Venezuela le 24 juin, plus de 50 000 personnes demeurent disparues sous les décombres. Il y a urgence à retrouver les survivants, soigner les blessés, abriter les familles déplacées et acheminer eau, nourriture, médicaments, tentes, kits d’hygiène et matériel de secours.
Après les séismes, le Venezuela face à une urgence humanitaire majeure
Deux secousses majeures, estimées autour de 7,2 et 7,5 de magnitude, ont touché le centre-nord du pays, avec des dégâts importants à Caracas, La Guaira, Carabobo, Aragua et dans plusieurs États voisins. Le bilan humain continue d’évoluer. Des décomptes rapportés le 29 juin faisaient état d’au moins 1 719 morts et de plus de 5 000 blessés, tandis que les opérations de recherche se poursuivaient dans les décombres. L’ONU et les organisations humanitaires alertent sur une situation encore très instable car les infrastructures essentielles sont gravement endommagées, les hôpitaux sous pression, des coupures d’électricité massives, des problèmes d’accès à l’eau potable et des risques d’effondrements secondaires à cause des répliques.
Sur le terrain, même si l’aide internationale s’organise, l’enjeu dépasse les premières heures. L’UNICEF estime que 1,8 million de personnes, dont 680 000 enfants, ont besoin d’une aide humanitaire après les séismes ; l’organisation signale aussi des hôpitaux au-delà de leurs capacités, des écoles endommagées et des besoins continus en eau, hygiène, santé, nutrition, protection de l’enfance et éducation.
Chaque don peut sauver une vie
Dans ce contexte, les dons financiers sont aujourd’hui le levier le plus efficace et le plus urgent. Ils permettent aux ONG d’acheter localement ou régionalement les biens les plus urgents (eau, nourriture, couvertures, médicaments, pansements, matériel de purification, tentes) et de financer les kits de secours utilisés par les équipes spécialisées (outils de désincarcération, équipements de protection, éclairage, matériel médical d’urgence, carburant et logistique). Direct Relief rappelle que les séismes provoquent notamment des traumatismes, fractures, plaies, écrasements et besoins chirurgicaux massifs, tout en désorganisant la prise en charge des maladies chroniques.
En France, les dons aux associations ou fondations d’intérêt général peuvent ouvrir droit à une réduction d’impôt de 66 %, dans la limite de 20 % du revenu imposable ; les dons à certains organismes d’aide aux personnes en difficulté peuvent ouvrir droit à 75 % de réduction, sous conditions et plafond, avec reçu fiscal à conserver.
Voici ci-dessous quelques organisations reconnues ayant mis en place un fond d’aide d’urgence pour le Venezuela pouvant recevoir des dons défiscalisables en France :
- UNICEF France : défiscalisable à 75%.
- CARE France : défiscalisable à 75%.
- Plan International France : défiscalisable à 66 % ( et à 75% si vous êtes redevable de l’IFI).
- Solidarités International : défiscalisable à 75%.
- Venezuela Te Necesita : défiscalisable a 66%
Si vous connaissez d’autres associations françaises ayant mis en place un fond d’urgence pour le Venezuela, ajoutez les liens en commentaire.
En France, les collectes se multiplient. Mais plusieurs points de dépôt arrivent déjà à saturation car les stocks s’accumulent plus vite que les capacités de tri, d’inventaire, de conditionnement et d’acheminement. Les organisateurs recherchent donc de nouveaux espaces de stockage, des bénévoles capables d’aider à l’inventaire, à l’étiquetage, à la coordination logistique, ainsi que des partenaires pouvant prêter véhicules, palettes, cartons, lieux sécurisés ou compétences en transport humanitaire. Voici ci-dessous les points de collectes existants.

Après l’urgence, le défi de la reconstruction
Cette catastrophe frappe un pays déjà exsangue. Avant même les séismes, l’OCHA estimait que 7,9 millions de personnes avaient besoin d’un soutien humanitaire au Venezuela en 2026, sur fond de stagnation économique, d’inflation, de services publics fragilisés et d’accès limité à l’eau, à la santé, à l’éducation et à l’énergie. L’UNICEF décrit une crise économique sévère ayant érodé le pouvoir d’achat des ménages, avec des familles incapables d’acheter nourriture, médicaments et produits essentiels. À cela s’ajoute une crise migratoire majeure, près de 7,9 millions de Vénézuéliens vivent désormais hors du pays, selon le HCR, conséquence d’années d’instabilité et de précarité.
La priorité immédiate reste sauver des vies immédiatement. Cela signifie financer les secours professionnels, les ambulances, les soins, les distributions d’eau potable, les abris d’urgence et l’accompagnement des familles endeuillées. Mais la deuxième urgence est de tenir dans la durée. Comme souvent après une catastrophe, l’attention médiatique mondiale provoque un élan de solidarité, puis disparaît dès qu’une autre crise occupe l’actualité. Or, au Venezuela, des dizaines de milliers de familles vont vivre pendant des mois avec une maison détruite, un proche disparu, une école fermée, un hôpital inutilisable ou un quartier privé de services essentiels.
L’appel de cet article aujourd’hui est double : donner en urgence et rester mobilisés. Les secours ont besoin de fonds maintenant pour sauver des vies ; les familles auront besoin, demain, d’aide pour se loger, se soigner, reconstruire, retourner à l’école et faire leur deuil.
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