aerial view of city buildings

Créée le 1er janvier 2016, la Métropole du Grand Paris réunit Paris et 130 communes des départements voisins, soit plus de sept millions d’habitants. Elle est organisée en douze territoires, dont Paris, et administrée par un conseil de 209 élus, désignés parmi les conseillers municipaux. Ses compétences portent sur l’aménagement de l’espace métropolitain, l’habitat, le développement économique et l’environnement, avec notamment le plana climat-air-énergie, la qualité de l’air et la gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations (GEMAPI). Elle est née pour doter le cœur de l’agglomération d’une vision commune. Dix ans plus tard, elle n’a pas encore tous les moyens de la mettre en œuvre.

Intervention en Conseil de Paris pour défendre des politiques publiques à l’échelle métropolitaine.

Si tous les dossiers que nous examinons à la commission Aménagement de la Métropole du Grand Paris sont métropolitains par leurs effets, aucun ne l’est pleinement par les moyens dont nous disposons pour les traiter. Qu’il s’agisse d’un programme de logements, d’une zone d’activités, d’une friche à reconvertir, d’un corridor écologique à restaurer, tous ces projets ne s’arrêtent pas aux limites d’une commune. Ils pèsent sur les écoles, les routes et les transports des villes voisines. Pourtant, ils sont encore trop souvent pensés ville par ville, au gré des opportunités foncières et des calendriers électoraux.

Le périphérique, symbole d’un Grand Paris à construire

Le boulevard périphérique résume à lui seul cette contradiction. Trente-cinq kilomètres de bruit, de pollution et de béton, conçus pour la voiture et pour une époque où l’on voulait séparer Paris de sa banlieue. Aujourd’hui, environ 500 000 riverains vivent de part et d’autre de cet anneau, respirent le même air et subissent les mêmes nuisances.

Depuis toujours, les écologistes, plaidons depuis longtemps pour le transformer en boulevard urbain. La première étape symbolique d’un passage piéton porte de Gentilly, entre la commune de Gentilly et la Cité internationale universitaire est le résultat d’une politique visant à moins de voies pour les voitures, une vitesse apaisée, des voies réservées aux transports en commun et au covoiturage, des arbres, des traversées pour les piétons et les vélos.

Mais ce chantier ne peut pas être celui d’une seule ville. Une rocade qui borde des dizaines de communes ne se transforme pas sans elles. Les Ateliers du Périphérique, lancés en 2019 par la Ville de Paris, ont montré l’intérêt d’un dialogue avec l’ensemble des territoires de la Métropole et les représentants de l’État. Il est temps que ce dialogue ait un cadre institutionnel, un budget et un pilote : la Métropole.

Un combat écologiste, depuis toujours métropolitain

Ce n’est pas un hasard si les écologistes ont toujours pensé à cette échelle. Se battre pour préserver les terres agricoles du triangle de Gonesse, défendre la qualité de l’air avec la zone à faibles émissions, faire du Grand Paris Express l’alternative au tout-voiture, lutter contre l’artificialisation des sols, renaturer les berges de la Seine : tous ces combats ont en commun de ne connaître aucune frontière communale. La pollution ne s’arrête pas à une porte de Paris, une canicule non plus.

Cette conviction nous l’avons exprimée conjointement avec Emmanuel Grégoire lors de notre campagne : les déchets et l’aménagement urbain doivent être traités à l’échelle métropolitaine. Il appelait même à un maire du Grand Paris élu au suffrage universel. Je partage ce constat. L’écologie sans gouvernance à la bonne échelle reste un vœu pieux.

Ce que la Métropole sait déjà faire, et ce qui lui manque

Il serait injuste de dire que rien n’a été fait. Depuis 2016, la Métropole s’est dotée d’un schéma de cohérence territoriale, d’un plan métropolitain de l’habitat et de l’hébergement, d’un plan climat, et elle exerce la compétence de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations. Elle a prouvé avec « Inventons la Métropole du Grand Paris » qu’elle pouvait mobiliser autour de projets audacieux.

Mais elle trace la route, d’autres tiennent le volant. Pour faire du périphérique un boulevard urbain, pour renaturer, pour loger sans bétonner, il faut aller plus loin, avec trois évolutions.

D’abord, donner une portée plus directe à la stratégie d’aménagement métropolitaine. Le schéma métropolitain doit s’imposer avec clarté aux documents d’urbanisme locaux, dans le respect du rôle des maires.

Ensuite, lui confier un véritable pouvoir d’initiative sur les grandes opérations d’intérêt métropolitain, au premier rang desquelles la transformation des grands axes routiers, des portes de Paris et des friches industrielles, au-delà de la simple labellisation.

Enfin, lui donner des moyens financiers stables. Une compétence sans capacité d’investissement n’est qu’une promesse. Rénovation du bâti, adaptation au dérèglement climatique, dépollution des sols, requalification des infrastructures : voilà ce que la Métropole doit pouvoir financer.

Un choix de cohérence, pas de domination

Je sais les réticences. Certains y verront une mise sous tutelle des communes. Je pense que c’est l’inverse. Un cadre partagé protège les maires de la concurrence entre territoires et leur donne les moyens de projets qu’ils ne pourraient jamais porter seuls. Londres, Barcelone, Berlin ou Tokyo l’ont compris depuis longtemps : une grande métropole ne réussit pas avec une gouvernance fragile.

Le futur de Paris, c’est le Grand Paris. Un Grand Paris qui répare ses cicatrices, à commencer par le périphérique, qui respire, qui protège ses habitants de la chaleur et de la pollution, et qui loge sans artificialiser. Pour y parvenir, il faut enfin donner à la Métropole les compétences et les moyens d’agir. C’est le message que je souhaite adresser aujourd’hui à l’État comme aux élus du territoire.

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Conseiller de Paris, Conseiller métropolitain et Conseiller du 19ᵉ, engagé sur les enjeux écologiques et démocratiques, je propose ici un décryptage régulier des décisions publiques auxquelles je participe.

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